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Avant-propos de la saison mémorielle 1942

Avant-propos

Jean-Paul BODIN, secrétaire général pour l'administration au ministère de la Défense

Voilà plus de 70 ans, une tragédie effroyable ravagea notre continent. Au cours du deuxième conflit mondial, l'Allemagne nazie décida une entreprise de destruction délibérée, systématique et organisée, qui conduisit à l'extermination de six millions d'êtres humains, dont le seul crime était d'être nés juifs au nom d'une idéologie criminelle construite sur la brutalité, la peur, le mépris de la dignité humaine et l'inégalité des races.

En France, une législation antisémite fut très rapidement mise en place par les Allemands en zone occupée, mais aussi à l'initiative du gouvernement du maréchal Pétain, au mépris des principes fondamentaux de la République française.

 

Dès octobre 1940, un premier statut des Juifs est adopté les excluant de certaines professions (enseignants, journalistes, officiers, fonctionnaires de police,…) et des responsabilités politiques ou administratives (mandats électifs, préfets, juges..). Ces interdictions sont renforcées en juin 1941 lors du deuxième statut des Juifs (banquier, agent immobilier, gérant de cinéma ou de salles de spectacle, avocat, médecin…).

Une structure spécifique, le commissariat général aux affaires juives, véritable ministère de l'antisémitisme, fut créé et un recensement des biens et des personnes ordonné en 1941. Ainsi, tout se mit en place pour que la politique d'exclusion débouche sur une politique de déportation. Les premières rafles furent d'ailleurs organisées en 1941, concernant surtout les hommes.

 

Mais 1942 fut le début de la déportation systématique et massive des Juifs de France. Près de 13 000 personnes, hommes, femmes, enfants, furent arrêtées lors de la grande rafle "du Vél d'hiv".

 

Au total, durant la Seconde Guerre mondiale, 76 000 Juifs furent déportés, dont 11 000 avaient moins de 18 ans. 3 % sont revenus après la guerre. Mais, grâce à l'aide de réseaux et de milliers d'anonymes, 75 % de la communauté juive française survécut.

L'année 1942 fut donc une année charnière qu'il convient de commémorer pour rappeler aux jeunes générations l'importance du devoir de mémoire, de la lutte contre toute forme de barbarie, de la possibilité qu'a tout individu de dire un jour non. Et c'est tout naturellement avec le Mémorial de la Shoah, auquel un partenariat nous lie depuis 2010, que le ministère de la défense et des anciens combattants s'est associé pour organiser ensemble cette commémoration.

Tout au long de l'année 2012, se dérouleront une série de manifestations, conçue comme une véritable saison mémorielle et destinée à tous les publics et toutes les générations pour que tous ensemble nous affirmions "plus jamais ça".



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